mardi 9 février 2016

"Entre un champignon ou une fourmi avec qui je communique sans problèmes et un humain qui se raconte des histoires, mon choix est clair. J'ai toujours privilégié la fiction à l'information pure. Question d'urgence : végétaux et animaux ne perdent jamais ce qui est gravé dans leurs gènes, tandis que les humains ont tendance à devenir des machines qui pensent mais n'imaginent plus. Les quelques individus qui ont su me faire rêver durant ma vie, je leur dois ma longévité. Parce que l'intelligence, la poésie, l'humour sont des nutriments aussi nécessaires pour moi que les protéines du sol. Vos mauvaises ondes m'affaiblissent, vos bonnes vibrations me renforcent. Un arbre ne cherche pas que la lumière. Du moins, il la cherche partout."

Le Journal Intime d'un Arbre
Didier Van Cauwelaert 
2011
Édition Michel Lafon
245 pages

"On m'appelle Tristan, j'ai trois cents ans et j'ai connu toute la gamme des 
émotions humaines. Je suis tombé au lever du jour. Une nouvelle vie commence pour moi
 - mais sous quelle forme ? Ma conscience et ma mémoire habiteront-elles chacune 
de mes bûches, ou la statuette qu'une jeune fille a sculptée dans mon bois ? 
Ballotté entre les secrets de mon passé et les rebondissements du présent, 
lié malgré moi au devenir des deux amants dont je fus la passion commune,
 j'essaie de comprendre pourquoi je survis. Ai-je une utilité, une mission, 
un moyen d'agir sur le destin de ceux qui m'ont aimé ?"


Didier Van Cauwelaert est un auteur français qui a commencé à écrire dès son plus jeune âge. C'est à 22 ans qu'il publie son premier roman Vingt ans de poussière aux Éditions du Seuil. Autre que des romans, il s'est essayé à la bande dessinée, aux essais, aux nouvelles et au théâtre.

Le Journal Intime d'un arbre est un livre que j'avais découvert sur la blogosphère littéraire il y a déjà quelques années mais je ne l'avais jamais trouvé en magasin. C'est en commandant sur la vente privée Michel Lafon que je l'ai enfin trouvé et acheté. Le résumé, un arbre exposant son avis sur notre société ainsi que sa vie, m'a toujours intriguée et j'avais vraiment hâte de voir ce que ce récit pouvait donner et quelles pistes de réflexions il pouvait avancer.

C'est un livre qui se lit rapidement, notamment grâce au style de publication qu'a choisi Michel Lafon, on retrouve peu de lignes par pages et c'est vraiment espacé. C'est une chose qui m'a assez surprise au début de ma lecture, ayant l'habitude des écritures serrées où on essaye d'en mettre un maximum sur la page ! On découvre Tristan, où il habite, qui s'occupe de lui et les arbres autour, notamment Iseult, et on se prend d'affection pour lui. On apprend avec tristesse qu'il s'est déraciné suite à une forte tempête et c'est là que commence notre récit.

Les humains ont une place importante dans cette œuvre, Tristan essaye de comprendre, de réagir face à leur réactions. C'est à ce moment-là que des choses qui nous semble banales, que l'on fait par habitude dans notre culture européenne peuvent sembler vraiment étrange et incomprise par les autres populations. Tristan donne son avis sur notre société, il éprouve des émotions et on a de la peine pour lui et son histoire. C'est un roman vraiment intriguant, qui transporte le lecteur et le fait réfléchir.

Mais on retrouve des points négatifs. J'ai eu l'impression que l'auteur perdait le fil à un moment donné, j'ai eu le sentiment qu'il y avait énormément d'incohérence. On en apprend sur le passé de Tristan, puis sur l'état du livre sur lui, puis on saute encore à un autre sujet. Le thème principal semble être totalement effacé, laissant place à l'activité humaine qui termine de faire disparaître l'arbre que l'on connait. Je ne sais pas si cela a été pensé comme cela de la part de l'auteur, voulant montrer que l'on revient toujours à l'homme et que la nature devient banale aux yeux de la société... Cela reste un point d'interrogation à mes yeux.

J'ai aussi eu du mal avec la plume de l'auteur. Du mal à comprendre toutes les réflexions qu'il développait dans son roman, peut-être par le nombre important et le fait que je lise le soir, ce qui n'aide pas totalement à la compréhension. En tout cas, je n'ai ressenti aucuns attachements pour ses mots, ses descriptions ou ses expressions. De ce fait, je ne pense pas lire une autre de ses œuvres.

Pour conclure, j'ai été séduite par la première partie de ce roman. La suite m'a laissé une sorte de vide et l'impression que le récit n'a pas été totalement terminé. C'est une histoire qui fait vraiment réfléchir sur l'environnement et le comportement de l'homme. Je le conseille aux personnes qui cherchent une lecture qui amène à réfléchir et qui change de ce qu'on peut lire habituellement.

6 commentaires:

  1. Il pourrait me plaire tiens, je note :)

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  2. Je suis complètement d'accord avec toi concernant le fait que la partie la plus intéressante à mes yeux, c'est à dire Tristan et son histoire (et ses ressentis), soit complètement effacée au fil des pages pour laisser place aux protagonistes humains et leurs péripéties qui ne m'ont pas intéressée.. Dommage car au fond les thèmes abordés étaient plutôt chouettes.

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  3. Je pense que je lirai ce roman. Avoir pour personnage principal un arbre, ça m'attire, et puis j'aime quand les romans m'apportent de la réflexion, notamment sur notre environnement. Mais l'écriture de l'auteur m'a l'air assez spéciale quand même :p

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  4. ... il ne me tente pas du tout vu comme ca

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  5. Il a l'air spécial et intéressant, tu m'intrigues. Je ne connaissais pas du tout, mais merci pour cette sympathique découverte.

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  6. T'as pas oublié Ma mère pense que je suis voyante ?

    >> ah, si effectivement xD j'ai tellement pas l'habitude de mettre autant de titre que j'en oublie quand y'en a autant

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